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mercredi 17 avril 2013

Politique familiale, allocations familiales et privatisation à venir (?)


Dans le cadre de la réduction des dépenses publiques, le gouvernement (transparent depuis lundi) de J.-M. Ayrault a décidé d’ouvrir le chantier de la réforme des prestations sociales et fiscales mises en œuvre dans notre politique familiale.
La France est le pays d’Europe qui, avec l’Irlande, a le taux de fécondité le plus élevé (2 enfants par femme, un atout considérable dans le contexte de vieillissement de la population, les économistes diraient un "avantage comparatif" !). Si l’on ne peut évidemment pas réduire ce dynamisme démographique à la seule politique familiale hexagonale, notre modèle de soutien des familles apparait tout de même utile et nécessaire. Prime de naissance, allocation logement, allocation de rentrée scolaire, complément familial (liste exhaustive à l’article L 511-1 C. sécu. Soc.), les prestations sont nombreuses, parfois coûteuses (mais la justice sociale a un prix : l’ensemble représente 5 % du PIB), mais elles s’inscrivent dans une logique de solidarité, qui en période de crise économique et de dislocation de la famille (les débats actuels sur le "mariage pour tous" montre le degré de privatisation des liens familiaux...), sont précieuses notamment à l’endroit des ménages les plus modestes.
La refonte de notre politique familiale doit donc être envisagée prudemment par le gouvernement. Parmi les mesures envisagées, la plus emblématique concerne la réforme des allocations familiales. Compensation financière versée à partir du deuxième enfant à charge (art. L 521-1) et indépendamment des conditions de ressources de chaque famille, les AF reposent sur le principe de l’universalité (un enfant = une prestation). Fondées sur un système de redistribution horizontale (transfert des ménages sans enfant aux ménages avec enfants), elles se démarquent de la politique sociale traditionnelle (modèle Beveridgien), laquelle s’inscrit dans une logique de solidarité verticale (des ménages les plus aisés aux ménages les plus modestes). Aussi, la distribution des allocations familiales poursuit deux objectifs : encourager la natalité (objectif familial) et soutenir la parentalité (objectif social). Il s’agit de donner aux familles les moyens d’assumer leur fonction éducative dont l’Etat providence est le garant (ce que l’Etat minimal, version Hayek, exclut).
Techniquement, plusieurs pistes de réforme des allocations familiales sont envisageables : revenir sur leur progressivité (qui permet une augmentation du montant en fonction du nombre d’enfants), les fiscaliser, les mettre sous condition de ressources et le cas échéant supprimer les AF pour les ménages dont les revenus sont les plus élevés.
Un récent rapport remis au Premier ministre (Rapport Fragonard du 9 avril 2013) n’entend pas remettre en cause le principe de l’universalité des allocations familiales mais préconise d’en réduire le montant (par deux ou par trois) au-dessus d’un plafond fixé en fonction du nombre d’enfants. Les familles les plus aisées seront donc mises à contribution. La difficulté pour le gouvernement sera de retenir un seuil qui n’ait pas pour effet de pénaliser les classes moyennes et qui, dans le même temps, puisse permettre de faire des économies significatives.
Séduisante dans le contexte de contraction budgétaire, l’idée de placer sous condition de ressources ces allocations induit néanmoins un changement de paradigme, la « verticalisation » de la politique familiale (système de solidarité horizontale à un système de solidarité verticale) qui pourrait, à terme, justifier et inspirer la réforme d’autres secteurs, comme celui de la santé, avec les risques de désengagement étatique et de privatisation qui en découlent. Le gouvernement socialiste assume dès lors parfaitement son libéralisme (cf. les brillants travaux de JC Michéa et notamment son dernier ouvrage "Les mystères de la gauche"). Révolution de notre modèle social à venir ?

mercredi 24 octobre 2012

Sécurité sociale : une question de priorité ?

Pendant que certains polémiquent sur l'emploi des chiffres n° 1 (pour l'homme) et 2 (pour la femme) par la Sécurité sociale et demandent leur suppression (source Libération du 23 octobre 2012)...


... La Commission européenne semble proche d'assouvir un de ses vieux fantasmes : l'ouverture des régimes de sécurité sociale à la concurrence ! http://www.mediapart.fr/journal/international/091012/bruxelles-veut-ouvrir-la-securite-sociale-au-prive

mardi 24 avril 2012

1er tour de l'élection présidentielle - Réflexions en vrac...

Les suffrages exprimés lors du 1er tour de la Présidentielle montrent que cette élection reste un moment privilégié de notre démocratie. Les Français aiment l’élection présidentielle et ont à cœur de désigner celui qui incarnera la Nation pendant cinq ans. Rappelons que la Constitution de la 5ème République est fondée sur l’idée qu’un Etat ne saurait être fort sans président fort. Les élections législatives vont suivre l’élection présidentielle et nul doute que le chef d’Etat élu bénéficiera d’une nette majorité parlementaire.
Les sondages. Une nouvelle fois, la campagne présidentielle a été « polluée » par la multiplication du nombre de sondages (qui ne sont pourtant que le reflet d’une réalité à un moment donné). L’émergence de cette démocratie « sondagière » a dès lors pour effet d’inscrire la politique dans l’instant. C’est le règne du court-terme ! Pourtant, l'objectif premier de la politique est de définir notre destin national sur le long terme... Attentifs aux différents sondages publiés chaque jour, les différents candidats ont, dans leur grande majorité, adapté sans cesse leur campagne en fonction des tendances relayées médiatiquement (Hollande face à la montée de Mélenchon, Sarkozy devant la montée de Le Pen).
Sans compter que chaque présidentiable a veillé à soigner son image et sa communication : régime Dukan (Du con ?) pour Hollande, lunettes vertes ou rouges pour Joly, cravate rouge pour Mélenchon, après le « j’ai changé » de 2007, « j’ai compris » de Sarkozy (limite en position d’opposant à son propre bilan…).
La politique est ainsi devenue d’abord une question de sondages et d’image. Par exemple, les usines n’ont jamais été autant visitées que pendant la campagne. Le président sortant a découvert que plusieurs dizaines d’emplois sont sacrifiés chaque jour sur l’autel d’une mondialisation non maitrisée...
La tyrannie des marchés financiers. La campagne a également été fortement perturbée par l’ombre des marchés financiers. Si l’on a pas rejoué le sketch pathétique du fameux « triple AAA » (la symbolique est intéressante : l’Etat est noté par certaines agences de notation comme l’élève l’est par son professeur…), le spectre de la dette et du destin de la Grèce ont pesé. Les marchés ont déjà prévenu qu’en cas d’élection de F. Hollande, ils « frapperaient » la France. Et ce n’est pas le « I’m not dangerous » (confié au Guardian) du candidat socialiste qui suffira pour domestiquer les marchés comme il se doit. La soumission va donc se poursuivre ! Comment en est-on arrivés là ? C'est très simple : par une loi de 1973, l’Etat français a volontairement abandonné son pouvoir aux griffes des banques. En effet, en s’interdisant de financer ses politiques publiques auprès de la Banque de France à taux 0 (comme c’était le cas jusqu’en 1973), la France s’est de fait soumise à l’incertitude des marchés financiers. C'est ainsi que s'est progressivement formée la dette de l'Etat... Ironie de l’Histoire, après avoir longuement asphyxié les Etats africains avec la « dette du Sud », les Etats occidentaux sont aujourd’hui menacés dans leur survie par les Banques en raison de leur endettement (exemple de la Grèce…). Il faudra bien un jour revenir sur cette loi de 1973 et poursuivre les différents banquiers pyromanes (au premier rang desquels ceux de Goldman Sachs)… Au niveau européen : c’est la Banque centrale européenne (BCE) qui prête de l’argent aux banques privées à 1 %, lesquelles prêtent ensuite aux Etats à des taux bien supérieurs… Aussi absurde que cela puisse paraitre, les deux candidats qualifiés n’entendent pas revenir sur cette règle. Par conséquent, Hollande et Sarkozy conduiront la même politique de rigueur (à quelques postes d’enseignants près…) qu’exigent les marchés !
La dictature européenne. Les sondages, les banques et l’Union européenne. Petit rappel : en 2005, les Français ont majoritairement désapprouvé le Traité constitutionnel européen (à 55 %). Dans le même temps, les deux grands partis (le PS et l’UMP), les grands médias ainsi que les élites (intellectuels…) se prononçaient pour le « oui » (symbole du fossé entre les dirigeants et le peuple !). Ayant peu d’égards pour la démocratie, certains dirigeants européens avaient alors suggéré de faire revoter les Français (comme les Irlandais). Les parlementaires français ont fait mieux : ils ont revoté à la place du peuple (à chaque période de l’Histoire, ses propres traitres…). Le Parti socialiste, l’UMP, le MODEM et les Verts, en approuvant (ou en s’abstenant) le Traité de Lisbonne (copie du TCE) en Congrès, en 2008, ont ainsi violé les suffrages exprimés par le peuple souverain. Nous pouvons en conclure qu’il n’existe aucune divergence de vue entre les grands partis sur la question de l’Union européenne. Un exemple : le parti socialiste. Dans le programme du candidat Hollande, on peut lire l’exigence de réorientation de la politique européenne. Difficile d’y croire lorsqu’on 2000, 12 gouvernements sur les 15 pays de l’UE étaient dirigés par des partis socio-démocrates et que le mouvement libéral de construction européenne n’a pas fléchi. Rappelons : DSK (membre du Parti socialiste et ex-futur candidat à la Présidentielle) à la tête du FMI, Lamy (socialiste) à la tête de l’OMC, Delors (père de M. Aubry) à la Commission européenne pendant 10 ans… Dans ce contexte, le clivage gauche/droite perd de sa vigueur. Le nouveau Président de la République devra prendre conscience que sa marge de manœuvre est des plus réduites. N’entendant pas remettre en cause le diktat des marchés et de Bruxelles (qui dispose désormais d'un pouvoir de sanction contre les Etats déficitaires... : la fameuse règle d'or...), il devra composer avec ces limitations de souveraineté.
 La proximité idéologique entre les deux grands candidats (en dehors de quelques divergences, finalement assez résiduelles, compte tenu de cette subordination à l’UE, aux marchés…) faisait, à mon sens, de Mélenchon et Le Pen, les deux candidats de la rupture. Et au final, le candidat du Front de gauche et la présidente du FN sont les deux grands vainqueurs de cette élection.
Mélenchon a contribué, par ses talents de tribun (ses meetings constituaient de véritables performances…) à faire émerger une nouvelle force à gauche. Sur le modèle des Révolutions d’Amérique Latine, le Front de gauche veut réaliser la jonction entre la rue et les urnes (le principe de la Révolution citoyenne). JLM réalise un score décevant au vu des sondages (sic), mais encourageant. Le mouvement est lancé… Quelques bémols : le vote ouvrier reste relativement faible (environ 10 %), et il ne semble pas que Mélenchon ait réussi à capter le vote des plus modestes. Electorat bobo ? 
De son côté, Marine Le Pen a réussi à mobiliser plus de 6 millions d’électeurs. Le Front national réalise un score historique. Surfant sur le mouvement d’extrême droite européenne islamophobe (l’extrême droite de Le Pen père se réclamait davantage de l’extrême droite antisémite), la candidate du FN a fait le plein de voix : les ouvriers (elle arrive 2ème derrière Hollande), les jeunes de moins de 30 ans (c’est une révélation et le signe d’un ancrage dans la durée…) et surtout dans les milieux ruraux, autant oubliés que méprisés par les politiques. Il est fort à parier que quelques élus frontistes feront prochainement leur entrée à l’Assemblée nationale. Certains commentateurs pronostiquent une reconstruction de la droite autour de Marine Le Pen en cas de défaite de Sarkozy. Je ne partage pas cet avis. Si la succession de Sarkozy ne se réalisera pas sans heurts, elle devrait néanmoins être bien gérée (Juppé ? Copé ? Fillon ?). En tout état de cause, qu'on le veuille ou non, le FN est une force politique avec laquelle il faut désormais compter. Le travail de dédiabolisation (un leurre évidemment !) semble porter ses fruits. Le vote Marine Le Pen devient un vote décomplexé (d’où une sous-estimation par les sondages), et autant d’adhésion que de désespérance.
Finalement, si le duel de demain opposait Mélenchon et Le Pen ? Réponse en 2017 !
En attendant, entre Hollande et Sarkozy, il faudra choisir ! Au peuple souverain de décider ! 

Hollande et Sarkozy posent pour "la bonne cause" en 2005 lors du référendum...

mercredi 2 mars 2011

Et si les néoconservateurs avaient raison... de Jacques ROLLET (Le Monde, 2 mars 2011)


Une telle suggestion - les néoconservateurs auraient eu raison - ne peut susciter en France qu'ironie et indignation ; elle est proportionnée au scepticisme quant à la valeur de la démocratie au sein de la classe politique française et des politologues spécialistes de l'étude des relations internationales, qui se caractérisent par leur mutisme et leur absence de véritable théorisation.

On a en effet beaucoup glosé en France sur les néoconservateurs américains tels que Robert Kagan, Irving et Bill Kristol, Paul Wolfowitz, Francis Fukuyama. On les a accusés d'être de pauvres idéologues, ignares, propagandistes de l'impérialisme américain. La réception en France de l'ouvrage majeur de ce dernier, La Fin de l'histoire et le dernier homme (Flammarion, 1992), est particulièrement typique. Il est courant aujourd'hui encore d'entendre des intellectuels et des journalistes français déclarer que l'ouvrage est stupide puisque l'histoire ne s'est pas arrêtée, qu'il y a eu le 11 septembre 2001, etc.

C'est n'avoir rien compris à cet ouvrage magnifique qui unit comme jamais la science et la philosophie politiques. S'appuyant sur Hegel et sa relecture par Kojève, Francis Fukuyama dit tout simplement que l'histoire politique est désormais normée par la démocratie fondée sur les droits de l'homme et l'économie de marché. Il ne pense évidemment pas qu'il n'y aura plus d'événements, de soubresauts, de contestation de la démocratie ; il affirme que la démocratie est devenue la norme même pour ceux qui s'y opposent, tels les islamistes qui la prennent pour référence, quelque fureur qu'ils en conçoivent.

Même si les néoconservateurs américains, comme le dit justement Justin Vaïsse, ont fait preuve d'arrogance et de paresse intellectuelle lors de la deuxième guerre d'Irak (voir son ouvrage : Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis, Odile Jacob, 2008), il n'en reste pas moins qu'ils ont déployé une authentique philosophie politique selon laquelle la démocratie est un bien qu'il faut propager sans arrière-pensées et sans réserves nées de la realpolitik.

On peut consulter sur le messianisme de cette vision les travaux d'universitaires (à titre d'exemple, Sébastien Fath) et de journalistes français. N'oublions pas que Bill Clinton déclarait en 1999 : "Les Etats-Unis ont l'opportunité, et je dirais, la responsabilité solennelle de modeler pour le XXIe siècle un monde plus paisible, plus prospère, plus démocratique." Les Américains, avec tous leurs défauts, ne sont pas seulement matérialistes comme le pense le cynisme français ; ils sont également idéalistes comme nous ne le sommes pas suffisamment.

Il est notable à cet égard de constater avec regret le silence et la peur des experts tels qu'Hubert Védrine, devenu sur France Culture le grand spécialiste des relations internationales, alors même que les peuples tunisien et égyptien nous montrent le désir de démocratie dans le monde musulman. Ils sont désormais suivis au Yémen, à Bahreïn, en Libye et des mouvements se développent au Maroc et en Algérie. Hubert Védrine est intervenu déjà quatre fois dans sa nouvelle chronique du vendredi matin sur France Culture et au terme de ces émissions sous forme d'interview, on ne sait pas ce qu'il pense et propose véritablement, si ce n'est qu'il faut être prudent et réaliste...

Les politologues français spécialistes des relations internationales se caractérisent souvent par une grande pauvreté en termes de théorie, pauvreté due à l'absence d'une véritable philosophie politique, exclue en France, de la science politique. La question n'est pas académique ou anecdotique. Les nombreux travaux de philosophie politique depuis une vingtaine d'années n'ont pas changé la vision sceptique de la classe politique française concernant la démocratie.

Il se trouve que Leo Strauss a montré dans Qu'est-ce que la philosophie politique ? (PUF, 1992) qu'une science politique qui ne veut pas poser la question du meilleur régime est un néant de science ! Il en va de même pour les acteurs politiques quand ils se contentent de se dire réalistes.

Si donc la démocratie est le meilleur régime ou le moins mauvais, elle est valable pour tous les peuples et pas seulement pour les Occidentaux. Il est vrai qu'il faut analyser les conditions de son établissement selon l'état d'avancement des cultures et des économies, mais il faut vouloir cet établissement.

Le monde de culture musulmane ne doit pas être tenu à l'écart, ce qu'établissent les Tunisiens et Egyptiens avant d'autres au Moyen-Orient ou au Maghreb. La présence de mouvements islamistes n'est pas une raison valable pour les décourager.

Il y aura des luttes, des contradictions apportées à la démocratie, qui finiront par en établir la vérité humaine, incontestable. Notons à cet égard que les "révolutionnaires" qui se manifestent depuis un mois ne font pas appel à l'islam pour justifier leurs révoltes. Ils demandent d'être reconnus dans leur dignité d'hommes et de femmes.

Il est clair en effet que l'Etat de droit et les droits de l'homme définissent les limites du pouvoir souverain et que le devoir d'ingérence humanitaire théorisé par Mario Bettati et Bernard Kouchner ne peut être que récusé. Rappelons enfin que la liberté est toujours un surgissement, une création, une naissance, comme l'a admirablement écrit Hannah Arendt, récusant par là la pensée déterministe, mortifère pour la science politique dominée par les disciples intempestifs de Pierre Bourdieu.


Ouvrage : "Religion et politique, le christianisme, l'islam, la démocratie" (Grasset, 2001).
Jacques Rollet, politologue, université de Rouen

vendredi 14 janvier 2011

POLITIQUE : "Rendons aux Tunisiens ce qui appartient aux Tunisiens..." Petite histoire de souveraineté !


Petit florilège de déclarations de dirigeants politiques français sur la situation en Tunisie :

- Olivier BESANCENOT : Mme Alliot-Marie "s'est clairement rangée du côté de la répression qui a fait près de 70 morts depuis la mi-décembre", écrit, dans un communiqué, M. Besancenot, pour qui  "le gouvernement français doit cesser de soutenir le dictateur en place". "Ben Ali doit partir et laisser le mouvement social tunisien, les organisations politiques d'opposition bâtir une nouvelle société débarrassée de toutes les tares du régime Ben Ali", conclut-il.
- Martine AUBRY :  La France va devoir adopter "une position forte de condamnation de la répression inacceptable" menée contre la contestation sociale.
- Jean-Marc AYRAULT :  Alors qu'on lui demandait si le président (Zine El Abidine) Ben Ali devait quitter le pouvoir, il a répondu: "Je crois que c'est inévitable. Il faut qu'il parte", mais dans le cadre d'"une solution démocratique, parce que si c'est pour mettre en place une solution encore plus dure, encore plus autoritaire, ce serait une catastrophe", a-t-il dit.
- Cécile DUFLOT :  "Il faut soutenir les jeunes Tunisiens et Algériens victimes de répressions, la France a aussi une responsabilité". Elle a également appelé le gouvernement français à sortir de son silence. "Le régime Tunisien est policier, très dur avec le peuple, la France doit soutenir l'opposition démocratique en Tunisie."
Mais qui sont ces hommes et femmes politiques français pour juger la situation sociale d'un autre Etat , aussi grave soit-elle, ou pour demander le départ d'un chef d'État étranger aussi illégitime soit-il ?
La position de Michèle ALLIOT-MARIE me paraît au contraire plus équilibrée. ("On ne doit pas s'ériger en donneur de leçons...).  
Les relents de néocolonialisme sont forts, les tentations de l'ingérence dans les affaires des autres également.
La France se doit de créer des ponts avec les autres États et s'efforcer de maintenir un dialogue permanent mais elle doit surtout respecter les souverainetés. Elle doit se garder de tout jugement de valeur ou moral.

Le départ du Président Ben Ali démontre d'ailleurs que le peuple tunisien, unique souverain,  n'a besoin de nul autre que lui pour gérer les affaires de son pays.

Une leçon à retenir pour l'avenir... 
La Tunisie... c'est la Tunisie, la France... la France !