Rappel du PLAN
Introduction
I. Approche conceptuelle
A. Le Droit, comme phénomène social
1. les fonctions du droit
2. la coexistence du Droit avec d’autres systèmes de règles sociales
B. Le Droit, comme ensemble normatif
1. le caractère impersonnel de la norme
2. le caractère contraignant de la norme
II. Approche historique
A. Historique des courants de pensée juridique
1. la philosophie idéaliste
2. les doctrines positivistes
B. Histoire du droit civil
1. Avant le Code civil
2. Le code civil
II. Approche historique du droit
Pour compléter cette introduction générale à la notion de droit, nous verrons successivement un historique des courants de pensée juridique (A), puis un résumé de l’évolution du droit civil (B).
A. Eléments historiques de la pensée juridique
1. La philosophie idéaliste
CONTENU DE LA PHILOSOPHIE
Les écoles idéalistes poursuivent un idéal de justice et font de l’ordre juridique, extérieur à la personne et contraignant, un ordre moral. Ainsi la doctrine du droit naturel pose le principe selon lequel il existe au-dessus du droit positif, un droit idéal d’essence supérieure, résultant de la nature. Cette philosophie prône la primauté de la recherche de la justice sur le respect de la légalité.
PENSEURS
Dans l’Antiquité, les philosophes grecs comme Platon et Aristote, puis les Romains tels Cicéron estiment qu’il existe un ordre universel et naturel que les hommes doivent observer.
Cette idée est reprise au Moyen-âge par les théologiens (comme Saint Thomas d’Aquin) qui pensent que l’ordre universel et l’ordre moral se confondent avec l’ordre juridique.
Les Lumières vont reprendre cette pensée universaliste mais en la fondant sur la raison humaine idéaliste. Rousseau, avec son « Contrat social », fonde sa théorie sur les lois naturelles dérivant de l’être humain, de sa liberté et de sa volonté.
INSPIRATIONS
Elle a notamment inspiré la DDHC et le Code civil (« Il existe un droit universel et immuable, source de toutes les législations positives, il n’est que la raison naturelle en tant qu’elle gouverne les hommes»).
Cette théorie conduit à promouvoir les droits subjectifs : les droits de l’individu sont des droits naturels.
Cette doctrine est l’objet de vives critiques par les écoles positivistes.
2. Les doctrines positivistes
CRITIQUES DES DOCTRINES IDEALISTES
On ne peut soutenir que le Droit est universel et intemporel. Il suffit simplement d’observer la diversité et l’évolution des systèmes juridiques pour se convaincre de la relativité du droit.
Par ailleurs, ce n’est que lorsque les règles de droit naturel sont consacrées par un texte juridique, qu’elles s’imposent effectivement. Finalement, peu de normes de droit naturel peuvent s’imposer face au droit positif. Seul le droit de résistance à l’oppression, reconnu par la DDHC en certains cas extrêmes, peut légitimer la désobéissance à des lois injustes. [Discussion sur la notion de désobéissance civile = faucheurs d’OGM notamment… néanmoins sanctionnés par les juges].
3ème critique. Le contenu du droit naturel est variable. Contrairement à ses auteurs, ses institutions ne sont ni précises, ni immuables. Ainsi, l’Ecole du droit de la nature considérait l’obligation alimentaire, le mariage et la puissance paternelle comme des institutions définitives et que des institutions comme l’adoption n’étaient que momentanées et artificielles.
CONTENU DES DOCTRINES POSITIVISTES
Le positivisme juridique, incarné par Kelsen ou Ihering ne reconnait que le droit positif qui s’identifie à la volonté de l’Etat.
L’école historique allemande, s’opposant au droit naturel, soutenait, au 19ème siècle, avec Savigny, que le droit n’est que le produit particulier de l’évolution des peuples et qu’il est « l’âme des nations ».
Il convient de retenir de cet historique de courants de pensée juridique, la relativité du droit dans le temps et l’influence des faits sociaux. L’histoire du droit civil met également en lumière cette logique.
B. Eléments historiques du droit civil
Le moment fort de la construction du droit civil reste l’édification du Code civil en 1804. Voyons l’état du droit avant cette codification (1), puis après la promulgation du Code napoléonien (2).
1. Avant le Code civil
ANTIQUITE
Le premier texte de loi reconnu est le Code d’Hammourabi, principe de Babylone (1750 avant JC).
Les Romains édifièrent un droit très riche, dont certains principes, notamment en matière contractuelle, sont encore employés. Il s’agissait d’un droit très formaliste.
Les autres peuples, notamment les Grecs ont laissé une œuvre juridique beaucoup moins complète.
ANCIEN DROIT
Le droit n’était pas unifié. Au nord, de la Charente à la Franche-Comté, la France était un pays de droit coutumier (coutumes d’origine germanique). Au Sud, pays de droit écrit (inspiré du droit romain).
Les sources du droit :
- Le droit canonique qui régit notamment le droit de la famille. Ainsi les juridictions ecclésiastiques étaient compétentes à la fois pour le procès concernant l’Eglise mais aussi pour les litiges concernant la famille.
- Les ordonnances royales : ordonnance de Villiers-Cotterêt de 1539 qui impose la pratique du français au lieu du latin dans les prétoires ; ordonnance de Colbert de 1667 sur la procédure civile…
- La doctrine favorise l’unification du droit (Loysel par ses maximes, Domat et Pothier qui inspirent les rédacteurs du Code civil)
- Les arrêts de règlement rendus par les Parlements qui s’imposaient à tous.
DROIT INTERMEDIAIRE (1789-1804)
Droit élaboré en réaction contre l’Ancien Droit, marqué par la naissance de la loi votée par les représentants du peuple qui vont légiférer avec ardeur. Il institue ainsi le divorce et l’adoption. Proclame la liberté du commerce.
Le droit révolutionnaire proclame les droits de l’homme et du citoyen. Il décide la suppression des Parlements et des arrêts de règlement ainsi que des privilèges et des corporations.
Il affirme que le droit de propriété est un « droit absolu et sacré » (droit subjectif).
Malgré les efforts des jurisconsultes de l’époque comme d’Aguesseau, l’unité du droit ne se fait pas.
C’est Napoléon Bonaparte qui va réussir l’œuvre d’unification du droit.
2. Le Code civil
REDACTION DU CODE
Bonaparte, 1er consul, sous l’influence de Cambacérès, autre consul, après avoir vainement rédigé 3 projets de Code civil nomme en 1800 une commission en vue de la rédaction de ce Code. La commission est composée de 2 juristes du Nord (Tronchet et Bigot de Préameneu) et 2 juristes du Sud (Portalis et Malleville).
Après l’épuration du Tribunat (principalement composé de révolutionnaires), hostile au texte, le Code est finalement voté et promulgué le 21 mars 1804.
CODE DE REFERENCE
Œuvre remarquable par son style et son esprit de synthèse, il a inspiré de nombreux codes étrangers, et dans les années qui suivirent, d’autres Codes sont adoptés :
- Code de procédure civile (1806)
- Code de commerce (1807)
- Code d’instruction criminelle et Code pénal (1812)
EVOLUTION DU CODE
Pendant 70 ans, le Code napoléonien va connaitre une relative stabilité et ne va faire l’objet d’aucune modification. Par la suite, des courants de jurisprudence vont adapter le Code civil à l’évolution de la société.
Ces modifications peuvent être classées ainsi. Elles sont le fait :
a. D’une volonté de protéger les plus faibles
C’est la vocation première du droit.
- Protection de salariés : l’avènement de la Révolution industrielle et des thèses socialistes donnent naissance à la loi de 1841 interdisant le travail des enfants en dessous de 8 ans. A noter que cette loi fut très mal accueillie par les employeurs et peu appliquée. Elle jette néanmoins les bases d’une législation protectrice des salariés.
- Protection des consommateurs (Code de la consommation en 1993)
- Protection des victimes d’accidents de la circulation (loi de 1985)
- Droit des malades (loi de 2002).
b. De l’évolution de la société en général et du droit en particulier
- Droit de la famille : notamment le droit du divorce (1975 et 2004), le PACS (1999), enfants naturels et adultérins (1972 et 2005).
- Adaptation du droit aux évolutions technologiques et scientifiques : lois de bioéthiques de 1994 et 2004, loi HADOPI…
c. De l’interventionnisme croissant du législateur
- Déclin de l’autonomie de la volonté : relations de travail, droit de la consommation…
- Inflation législative
- Travail de codification : depuis 1992, apparition du Code la propriété intellectuelle, du Code de la consommation, de l’éducation, santé publique, de l’environnement, de route, monétaire et financier… Modification du Code du travail. A droit constant (remise en ordre et regroupement des textes existants).
Introduction
I. Approche conceptuelle
A. Le Droit, comme phénomène social
1. les fonctions du droit
2. la coexistence du Droit avec d’autres systèmes de règles sociales
B. Le Droit, comme ensemble normatif
1. le caractère impersonnel de la norme
2. le caractère contraignant de la norme
II. Approche historique
A. Historique des courants de pensée juridique
1. la philosophie idéaliste
2. les doctrines positivistes
B. Histoire du droit civil
1. Avant le Code civil
2. Le code civil
II. Approche historique du droit
Pour compléter cette introduction générale à la notion de droit, nous verrons successivement un historique des courants de pensée juridique (A), puis un résumé de l’évolution du droit civil (B).
A. Eléments historiques de la pensée juridique
1. La philosophie idéaliste
CONTENU DE LA PHILOSOPHIE
Les écoles idéalistes poursuivent un idéal de justice et font de l’ordre juridique, extérieur à la personne et contraignant, un ordre moral. Ainsi la doctrine du droit naturel pose le principe selon lequel il existe au-dessus du droit positif, un droit idéal d’essence supérieure, résultant de la nature. Cette philosophie prône la primauté de la recherche de la justice sur le respect de la légalité.
PENSEURS
Dans l’Antiquité, les philosophes grecs comme Platon et Aristote, puis les Romains tels Cicéron estiment qu’il existe un ordre universel et naturel que les hommes doivent observer.
Cette idée est reprise au Moyen-âge par les théologiens (comme Saint Thomas d’Aquin) qui pensent que l’ordre universel et l’ordre moral se confondent avec l’ordre juridique.
Les Lumières vont reprendre cette pensée universaliste mais en la fondant sur la raison humaine idéaliste. Rousseau, avec son « Contrat social », fonde sa théorie sur les lois naturelles dérivant de l’être humain, de sa liberté et de sa volonté.
INSPIRATIONS
Elle a notamment inspiré la DDHC et le Code civil (« Il existe un droit universel et immuable, source de toutes les législations positives, il n’est que la raison naturelle en tant qu’elle gouverne les hommes»).
Cette théorie conduit à promouvoir les droits subjectifs : les droits de l’individu sont des droits naturels.
Cette doctrine est l’objet de vives critiques par les écoles positivistes.
2. Les doctrines positivistes
CRITIQUES DES DOCTRINES IDEALISTES
On ne peut soutenir que le Droit est universel et intemporel. Il suffit simplement d’observer la diversité et l’évolution des systèmes juridiques pour se convaincre de la relativité du droit.
Par ailleurs, ce n’est que lorsque les règles de droit naturel sont consacrées par un texte juridique, qu’elles s’imposent effectivement. Finalement, peu de normes de droit naturel peuvent s’imposer face au droit positif. Seul le droit de résistance à l’oppression, reconnu par la DDHC en certains cas extrêmes, peut légitimer la désobéissance à des lois injustes. [Discussion sur la notion de désobéissance civile = faucheurs d’OGM notamment… néanmoins sanctionnés par les juges].
3ème critique. Le contenu du droit naturel est variable. Contrairement à ses auteurs, ses institutions ne sont ni précises, ni immuables. Ainsi, l’Ecole du droit de la nature considérait l’obligation alimentaire, le mariage et la puissance paternelle comme des institutions définitives et que des institutions comme l’adoption n’étaient que momentanées et artificielles.
CONTENU DES DOCTRINES POSITIVISTES
Le positivisme juridique, incarné par Kelsen ou Ihering ne reconnait que le droit positif qui s’identifie à la volonté de l’Etat.
L’école historique allemande, s’opposant au droit naturel, soutenait, au 19ème siècle, avec Savigny, que le droit n’est que le produit particulier de l’évolution des peuples et qu’il est « l’âme des nations ».
Il convient de retenir de cet historique de courants de pensée juridique, la relativité du droit dans le temps et l’influence des faits sociaux. L’histoire du droit civil met également en lumière cette logique.
B. Eléments historiques du droit civil
Le moment fort de la construction du droit civil reste l’édification du Code civil en 1804. Voyons l’état du droit avant cette codification (1), puis après la promulgation du Code napoléonien (2).
1. Avant le Code civil
ANTIQUITE
Le premier texte de loi reconnu est le Code d’Hammourabi, principe de Babylone (1750 avant JC).
Les Romains édifièrent un droit très riche, dont certains principes, notamment en matière contractuelle, sont encore employés. Il s’agissait d’un droit très formaliste.
Les autres peuples, notamment les Grecs ont laissé une œuvre juridique beaucoup moins complète.
ANCIEN DROIT
Le droit n’était pas unifié. Au nord, de la Charente à la Franche-Comté, la France était un pays de droit coutumier (coutumes d’origine germanique). Au Sud, pays de droit écrit (inspiré du droit romain).
Les sources du droit :
- Le droit canonique qui régit notamment le droit de la famille. Ainsi les juridictions ecclésiastiques étaient compétentes à la fois pour le procès concernant l’Eglise mais aussi pour les litiges concernant la famille.
- Les ordonnances royales : ordonnance de Villiers-Cotterêt de 1539 qui impose la pratique du français au lieu du latin dans les prétoires ; ordonnance de Colbert de 1667 sur la procédure civile…
- La doctrine favorise l’unification du droit (Loysel par ses maximes, Domat et Pothier qui inspirent les rédacteurs du Code civil)
- Les arrêts de règlement rendus par les Parlements qui s’imposaient à tous.
DROIT INTERMEDIAIRE (1789-1804)
Droit élaboré en réaction contre l’Ancien Droit, marqué par la naissance de la loi votée par les représentants du peuple qui vont légiférer avec ardeur. Il institue ainsi le divorce et l’adoption. Proclame la liberté du commerce.
Le droit révolutionnaire proclame les droits de l’homme et du citoyen. Il décide la suppression des Parlements et des arrêts de règlement ainsi que des privilèges et des corporations.
Il affirme que le droit de propriété est un « droit absolu et sacré » (droit subjectif).
Malgré les efforts des jurisconsultes de l’époque comme d’Aguesseau, l’unité du droit ne se fait pas.
C’est Napoléon Bonaparte qui va réussir l’œuvre d’unification du droit.
2. Le Code civil
REDACTION DU CODE
Bonaparte, 1er consul, sous l’influence de Cambacérès, autre consul, après avoir vainement rédigé 3 projets de Code civil nomme en 1800 une commission en vue de la rédaction de ce Code. La commission est composée de 2 juristes du Nord (Tronchet et Bigot de Préameneu) et 2 juristes du Sud (Portalis et Malleville).
Après l’épuration du Tribunat (principalement composé de révolutionnaires), hostile au texte, le Code est finalement voté et promulgué le 21 mars 1804.
CODE DE REFERENCE
Œuvre remarquable par son style et son esprit de synthèse, il a inspiré de nombreux codes étrangers, et dans les années qui suivirent, d’autres Codes sont adoptés :
- Code de procédure civile (1806)
- Code de commerce (1807)
- Code d’instruction criminelle et Code pénal (1812)
EVOLUTION DU CODE
Pendant 70 ans, le Code napoléonien va connaitre une relative stabilité et ne va faire l’objet d’aucune modification. Par la suite, des courants de jurisprudence vont adapter le Code civil à l’évolution de la société.
Ces modifications peuvent être classées ainsi. Elles sont le fait :
a. D’une volonté de protéger les plus faibles
C’est la vocation première du droit.
- Protection de salariés : l’avènement de la Révolution industrielle et des thèses socialistes donnent naissance à la loi de 1841 interdisant le travail des enfants en dessous de 8 ans. A noter que cette loi fut très mal accueillie par les employeurs et peu appliquée. Elle jette néanmoins les bases d’une législation protectrice des salariés.
- Protection des consommateurs (Code de la consommation en 1993)
- Protection des victimes d’accidents de la circulation (loi de 1985)
- Droit des malades (loi de 2002).
b. De l’évolution de la société en général et du droit en particulier
- Droit de la famille : notamment le droit du divorce (1975 et 2004), le PACS (1999), enfants naturels et adultérins (1972 et 2005).
- Adaptation du droit aux évolutions technologiques et scientifiques : lois de bioéthiques de 1994 et 2004, loi HADOPI…
c. De l’interventionnisme croissant du législateur
- Déclin de l’autonomie de la volonté : relations de travail, droit de la consommation…
- Inflation législative
- Travail de codification : depuis 1992, apparition du Code la propriété intellectuelle, du Code de la consommation, de l’éducation, santé publique, de l’environnement, de route, monétaire et financier… Modification du Code du travail. A droit constant (remise en ordre et regroupement des textes existants).




